Visite officielle en Guinée du Président de la République française

Le chef de l’Etat a effectué une visite officielle à Conakry le vendredi 28 novembre, consacrée à la mise en œuvre des actions du plan de lutte contre le virus Ebola en Guinée.

Accueil du chef de l’Etat par le Président de la République de Guinée, le Professeur Alpha Condé.
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Déclaration à l’aéroport international de Conakry


Monsieur le Président, cher Alpha CONDÉ,

Je voulais être ici, en Guinée, pour montrer la solidarité de la France dans l’épreuve que votre pays traverse. Ce n’est pas le seul à vivre cette situation puisqu’il y a également la Sierra Léone et le Liberia. Mais les liens qui existent entre nos deux pays, la Guinée et la France, nous obligent.

Je veux ici saluer d’abord les membres du Gouvernement – ministre de la Santé, ministre du Développement – qui ont fait en sorte d’être disponibles, pas simplement pour la visite d’aujourd’hui, mais dès les premiers jours, lorsque nous avons eu connaissance de la maladie.

Il y a la mobilisation de nos personnels militaires, je veux les saluer, à travers différentes actions : un centre pour soigner les soignants ; plusieurs centres pour former les soignants ; et des centres de traitement. Je veux saluer les organisations qui s’y dévouent, pour soigner la population guinéenne.

Je suis venu aussi avec un certain nombre de matériels indispensables pour que vous puissiez faire face à ce défi. Vous-mêmes, avec vos ressources propres qui sont limitées, vous avez également mis en place un certain nombre de structures. Nous avons le devoir de vous soutenir.

Demain, j’irai avec vous au sommet de la Francophonie et je lancerai un nouvel appel à la mobilisation internationale. Mais la France doit montrer l’exemple. Un exemple sur le plan financier d’abord : nous avons dégagé 100 millions d’euros. Mais, au-delà de ce que nous pouvons faire pour apporter une aide matérielle, c’est l’aide humaine qui est la plus significative.

Il y a aujourd’hui avec moi, dans ce déplacement, des médecins, le directeur de l’Institut Pasteur, parce que nous voulons également participer à l’effort de recherche pour que nous puissions trouver demain les vaccins, les tests et toute autre solution pour apaiser, soigner et prévenir.

C’est un beau geste que nous faisons tous ensemble. Je dis bien ensemble, parce que la France est ici, en Guinée, pour apporter un certain nombre de moyens, de ressources, de personnels...

Mais la Guinée, en faisant aussi l’effort de prévention et de soins, évite au monde entier – et donc à l’Europe et à la France – d’être contaminé par ce terrible virus.

Nous sommes ensemble dans cette lutte et dans cette bataille. C’était très important que, quinze ans après la dernière visite d’un Président de la République française, je sois ici avec vous pour apporter l’image de l’amitié, de la solidarité et de l’espoir.

Merci Monsieur le Président.


L’équipe du Centre de traitement des soignants est présentée aux deux chefs d’Etat

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A l’arrivée à l’hôpital de Donka, le Président de la République reçoit les traditionnelles noix de cola de bienvenue
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Visite du laboratoire de l’Institut Pasteur (antenne de Dakar), installé dans l’hôpital Donka
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Entretien avec Mme Fanta Camara, malade guérie d’Ebola, qui a rejoint l’équipe de Médecins Sans Frontières
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Table ronde sur La riposte contre le virus Ebola avec l’ensemble des acteurs engagés dans cette lutte.
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Entretien en tête-à-tête entre les deux chefs d’Etat au Palais des Nations
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Conférence de presse commune
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Signature du Protocole d’accord avec l’Institut Pasteur. Pour la partie française : M. Christian Bréchot, Directeur général de l’Institut Pasteur ; pour la partie guinéenne : M. Bailo Teliwel Diallo, Ministre d’Etat, Ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Médecin-colonel Remy Lamah, Ministre de la santé.
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Discours devant la communauté française de Guinée
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Texte du discours prononcé par le chef de l’Etat

Mesdames les ministres,

Monsieur l’Ambassadeur, Madame,

Mes chers compatriotes,

Chaque fois que je me déplace dans un pays, comme Président de la République, il y a toujours cette rencontre avec la communauté française. Mais aujourd’hui, compte-tenu des circonstances, cette cérémonie si amicale, prend un tour particulier. Parce que c’est la Guinée, parce que c’est Ebola qui nous tourmente et parce que c’est vous qui êtes restés, qui avaient fait en sorte que la Guinée vive, se développe et puisse aussi combattre avec vous cette épidémie.

Donc, je voulais d’abord vous remercier, pas simplement d’être Français, c’est déjà pas mal et c’est ce qui justifie que nous soyons ensemble, mais surtout d’être Français en Guinée et de porter le drapeau, le drapeau de la solidarité, drapeau de la fraternité, le drapeau aussi de l’exigence. Faire en sorte que ces personnes qui peuvent être touchées par la maladie puissent être soignées, traitées et que d’autres, les plus nombreuses heureusement qui vivent dans la crainte, dans la crainte à un moment d’être contaminées, puissent avoir votre réconfort. Et vous-mêmes, que vous puissiez prendre toutes les dispositions pour vous protéger.

Je suis venu à l’invitation du Président Alpha CONDE que je connais depuis longtemps, qui fait en sorte depuis plusieurs mois d’informer son pays sur la situation et de ne pas le fermer, de ne pas le couper. D’abord, ne pas le séparer la Nation guinéenne surtout de ne pas fermer les frontières avec la Guinée, ce qui aurait eu des conséquences désastreuses. Nous avons suffisamment souffert d’une Afrique de l’Ouest touchée par tous les fléaux, pour que nous soyons sûrs que la bonne manière de faire quand il y a une attaque, que ce soit une attaque terroriste ou que ce soit une attaque sanitaire, que les populations qui y vivent dans ces espaces-là puissent compter sur le soutien de la France et que rien ne soit empêché dans la circulation des personnes, même s’il y a nécessairement des contrôles à observer.

Je suis venu aussi à la veille du Sommet de la Francophonie en Guinée pour apporter un certain nombre de matériels qui étaient attendus depuis longtemps. Matériel sanitaire, matériel aussi qui assure à nos équipes sur place des moyens d’agir et je suis venu aussi pour faire le point avec les autorités guinéennes de ce que la France à engagé contre Ebola depuis plusieurs mois et de ce qu’elle se prépare encore à faire.

Quand nous avons été prévenus de la gravité du mal, nous avons immédiatement réagi. Et je veux féliciter nos chercheurs de Pasteur, de l’INSERM qui non seulement ont pu identifier d’où venait l’épidémie, mais ont pu commencer à travailler. Nous avons comme fierté d’avoir les plus grands chercheurs, parfois d’ailleurs, auréolés de multiples prix et de récompenses, jusqu’au Nobel. Comme Président de la République, et les ministres, ici, peuvent en témoigner, je considère que la recherche française est un atout considérable pour notre pays et contribue largement à notre influence dans le monde.

Il y a eu d’abord donc cette identification du virus, puis ensuite il y a eu une mobilisation. Une mobilisation gouvernemental, de la Ministre de la Santé de son côté pour que nos équipes puissent se préparer, de la Ministre du Développement, Annick GIRARDIN, parce qu’elle est venue la première ici, en Guinée, elle y est revenue une deuxième fois, elle y est une troisième fois et je pense qu’elle y reviendra régulièrement. Vous pouvez ici la féliciter. Elle a toujours fait en sorte que ce soit une étape de plus qui soit franchie à chaque déplacement.

Aujourd’hui, nous pouvons considérer que non seulement des organisations comme Médecins Sans Frontières, la Croix Rouge, ont été les premières à se déployer en Guinée, mais que maintenant nous allons passer à une autre phase avec l’ouverture de plusieurs centres de traitement, dans ce que l’on appelle la Guinée forestière. Nous avions imaginé un centre à Macenta et ce sont trois supplémentaires qui seront ouverts. Et nous avons d’ailleurs une spécificité française pour le centre de traitement, alors que les Britanniques et les Américains imaginent qu’il faut de grands centres accueillants de nombreux patients, nous, nous pensons qu’il vaut mieux des équipes renforcées mais sur un nombre limité de patients, avec plusieurs localisations. Ne serait-ce que pour pouvoir fournir dans les meilleures conditions aux malades les soins qui sont nécessaires ou de dépister ceux qui craignent d’être malades.

Donc, cela ce sont les centres de traitement et ils ont maintenant tous atteints le niveau opérationnel. Je pense même à Macenta, puisqu’à Macenta il y a une personne d’ores et déjà qui en est sortie guérie. Tout cela pour dire que l’idée que l’on se fait souvent de ces centres, je ne parle pas de ceux de Guinée, mais aussi de ceux de Sierra Leone ou du Libéria, que le taux d’échec serait très élevé, qu’il ne servirait à rien de s’y rendre et bien, c’est une contre-vérité. Là où nous étions tout à l’heure à Conakry, 60% des personnes qui sont atteintes par la maladie sont sauvées. Les centres de traitement ne peuvent fonctionner que s’il y a des personnels soignants, que s’il y a des organisations pour porter les équipes. Les personnels soignants sont guinéens, sont français ou viennent de multiples pays avec souvent la francophonie comme lien. Je veux là encore leur dire tout notre respect, toute notre gratitude pour ce qu’ils font.

Mais pour que ces personnels soignants viennent, ici, en Guinée, il convient de leur assurer les conditions d’une évacuation ou d’un soin s’ils se retrouvent atteints par la maladie. Or, c’est arrivé. L’évacuation, elle est maintenant totalement garantie, grâce d’ailleurs à des crédits européens et cela ne vaut pas d’ailleurs que pour les personnels soignant. Si un de nos ressortissants devait être concerné, nous utiliserions aussi ces moyens parce que pour nous, la sécurité de nos compatriotes, est essentielle, mais nous sommes aussi conscients que la sécurité n’a pas de frontière, n’a pas de nationalité, que nous la devons aussi aux Guinéens. Et c’est la raison pour laquelle nous allons installer un centre de soins pour les soignants. Je veux là encore saluer l’Armée française qui non seulement a permis la construction du centre de Macenta, mais aussi va s’engager profondément, longuement pour ce centre de soins pour les soignants à Conakry, près de l’aéroport.

En même temps que nous faisons ce centre, nous voulons former aussi les personnels, les personnels soignants. Et là aussi je veux rendre hommage à ce qui vient d’être prévu, puisque ceux qui sont au premier rang vont pouvoir former des soignants viennent de se rendre disponibles pour une mission qui va durer plusieurs mois et ils étaient déjà là pour m’accueillir si j’avais besoin d’une formation accélérée à l’aéroport de Conakry. Ils vont se dévouer pour justement assurer cette formation au plus grand nombre. De la même manière que l’on a ce centre de formation, ici, à Conakry, on a le même à Nogent-le-Rotrou, pour ceux qui connaissent encore leur géographie, qui se rappellent où était la France, le département de l’Eure-et-Loir, Nogent-le-Rotrou qui n’est pas près de la mer mais en plein centre de notre pays, et bien il y a un centre de formation. C’est très important pour que les personnels soignants qui viennent ici en Guinée, puissent avoir toutes les informations, tous les renseignements utiles avant leur arrivée.

Voilà ce que nous mettons en place et je n’oublie pas non plus l’Institut Pasteur qui va créer une antenne, ici, en Guinée pour continuer ses recherches, notamment sur Ebola, mais pas simplement sur Ebola, parce qu’il y aura aussi une vie après Ebola.

Nous avons longuement conversé avec les principaux responsables et je me souviendrai longtemps du témoignage d’une jeune femme qui nous a raconté comment elle avait été soignée, jeune Guinéenne, dans le centre de Conakry, centre de traitement et qu’elle en était sortie guérie et en même temps qu’elle avait aussi à souffrir d’avoir été contaminé par Ebola, alors même qu’elle en est sortie vivante et qui puisse peser sur elle encore une suspicion, un doute. C’est pourquoi, elle s’engage pleinement dans une autre bataille qui est celle, j’allais dire, de tous les citoyens, à la portée de chacun ou de chacune d’entre nous, d’aller au contact en prenant les précautions et d’aller porter le message de l’espoir, que l’on peut guérir, que l’on doit lutter et que l’on doit être solidaire.

Oui, j’ai appris beaucoup avec cette rencontre et je me suis rendu compte, combien il était important que l’autorité française, la coordination française, ici, représentée par le Docteur DELFRAISSY, puisse travailler en bonne intelligence, j’allais dire en pleine harmonie avec l’autorité guinéenne, le Docteur KEÏTA, que nous puissions unir nos forces pour mener cette bataille et pour remporter cette victoire.

Vous êtes dans une certaine mesure sur le champ de bataille avec la population guinéenne qui fait beaucoup d’efforts pour comprendre ce qui lui arrive, comment elle doit elle-même lutter, l’information qui circule, la culture et on me montrait des photos, la culture est un vecteur très important pour y parvenir. J’allais dire, la culture sous toutes ses formes, arriver à dialoguer, à aller dans les lieux où il y a une interrogation, qu’elle soit spirituelle, qu’elle soit culturelle. Nous devons faire en sorte de mêler nos expériences, de mêler nos parcours pour que la population guinéenne ait toutes les informations nécessaires.

Mais je reviens vers vous parce que vous avez non seulement mené la bataille, mais tenu votre rang, tenu votre place. Beaucoup aurait pu, parmi vous, alors que vous êtes, ici, en Guinée, pour des raisons multiples, soit parce que la famille a été constituée ici, soit parce que c’est votre vie professionnelle, que vous soyez dans le secteur privé ou le secteur public, ou soit que ce sont les circonstances qui vous y ont conduit. Vous auriez pu considérer que face à ce fléau, d’autant qu’il avait été considérablement amplifié par les médias, quand je dis les médias, au niveau international. Parce que ce sont souvent de là-bas, du loin que l’on entend un certain nombre de bruits, vous auriez pu décider de quitter la Guinée, d’attendre ailleurs que cela passe et vous ne l’avez pas fait. Félicitations aux personnels du lycée Albert CAMUS, félicitations à tous les enseignants, à tous les personnels de l’école pour avoir assuré le service public en prenant là aussi un certain nombre de précautions et de réflexes de prudence. Bravo aussi à Air France, à toutes les entreprises qui ont fait en sorte que les circulations puissent se faire. Là aussi, en faisant des contrôles au départ et des contrôles à l’arrivée, parce que c’est ce que nous devons faire pour protéger, ici, la population mais aussi pour nous protéger en France, sans rien altérer de la circulation. Bravo aux militaires qui ne font pas toujours les combats contre les ennemis qui peuvent être des terroristes, comme cela a pu se faire et se fait encore au Mali. Mais les militaires qui viennent faire le combat pour qu’il y ait une victoire sur une maladie, une épidémie et surtout qui viennent montrer à chaque fois une solidarité parce que c’est aussi risqué d’être sur ce terrain-là. Bravo aux entreprises de toutes tailles et à ceux qui les servent, les salariés ou les chefs d’entreprises, parce qu’il fallait que l’économie guinéenne puisse continuer à faire en sorte que la création du peu de richesse qui peut être distribuée puisse être assurée. Bravo à tous.

Et quand on vous voit, je crois que nous sommes tous fiers d’être français, grâce à vous. Fiers parce que nos chercheurs sont là, fiers parce que nos médecins sont là, fiers parce que nos personnels soignants sont là, parce que nos militaires, nos enseignants, nos fonctionnaires, nos cadres du secteur privé, nos employés, jusqu’à celui qui est là tout simplement pour être là, même s’il ne fait rien, il est Français, il est là et bien merci, merci à lui, à elle !

Alors, je suis venu aussi pour évoquer les relations entre la France et la Guinée. Des relations tumultueuses. En 1958, la Guinée a été le seul pays à dire non, non au processus qui était proposé par le Général DE GAULLE, non aussi au Général DE GAULLE, ce fut longtemps le seul titre de gloire de Sékou TOURE, mais cela a pu éloigner pendant de longues années nos deux pays et puis ensuite il y a eu le rétablissement des relations. Il y a eu des visites qui se sont produites avec les Président successifs, notamment Valéry GISCARD D’ESTAING, qui fut le premier, François MITTERRAND, Jacques CHIRAC, mais il y avait néanmoins quinze ans qu’un Président de la République Française n’était pas venu en Guinée. Donc, il était quand même temps que j’y sois. Ne serait-ce que pour réaffirmer combien nous croyons dans ce pays. C’est un pays qui n’a pas eu beaucoup de chance dans la période que nous avons pu connaitre ces 30 ou 40 dernières années. Pas beaucoup de chance, mais qui néanmoins a tenu aussi sa place, qui a assuré les conditions de son développement, qui a des richesses notamment minières, qu’il doit exploiter avec le souci de ne pas laisser d’autres les prendre ou les prélever dans une juste rémunération.

C’est un pays qui mérite qu’on le soutienne. L’accueil qu’il m’a fait à Conakry est exceptionnel. Comme s’il voulait rattraper le temps qui était passé, cela faisait quinze ans qu’ils attendaient là, près de l’aéroport et donc, il y avait beaucoup de jeunes néanmoins, et bien quand ils disaient « Vive la France », quand ils agitaient les drapeaux, quand il disaient « Merci la France », ce n’est pas au Président de la République que cela s’adressait, c’était à vous, c’était au peuple français, c’était à tous ceux qui ont été particulièrement utiles et qui vont l’être encore pendant les prochains mois.

Et cela fait vraiment chaud au cœur quand une population d’un pays ami vous accueille ainsi. C’est arrivé plusieurs fois, heureusement dans beaucoup de mes déplacements. Une fois, j’en ai encore le souvenir, parce qu’il n’est pas lointain, c’était au Mali au lendemain de l’intervention française, lorsque nous avions libéré le Nord-Mali des groupes terroristes qui soumettaient la population a des pratiques et a des lois abominables. Et bien, je garderai aussi le souvenir de l’accueil de la population guinéenne, justement parce que nous sommes également dans cette bataille contre un fléau.

Et enfin, nous avons entre la France et la Guinée des relations particulières sur le plan linguistique, la francophonie, sur le plan culturel, sur le plan politique, nous devons assurer que la transition politique, que la démocratie puisse se tenir avec le pluralisme nécessaire et puis nous avons aussi des relations économiques qui doivent s’amplifier.

Je disais que dès ce soir, je vais partir pour Dakar, pour le Sommet de la Francophonie. J’aurai l’occasion de m’y exprimer et de rencontrer aussi les ressortissants français à Dakar. Mais, quel bonheur de savoir que le français est parlé et par d’autres que les Français. Le français, nous ne l’avons pas en propriété, nous l’avons en héritage, ce qui est très différent. Le français doit être partagé, le français doit être diffusé, le français doit être proposé et chaque fois qu’il y a des hommes et des femmes qui parlent en français et qui ne sont pas nés en France, c’est le plus beau cadeau qu’ils puissent nous faire. Mais ils ne le font pas pour nous-même, ils le font pour la culture française, pour les valeurs françaises, pour l’idée que la France peut représenter partout dans le monde. Parce que le français a été aussi la langue de l’émancipation, la langue de la contestation, la langue de la liberté. Alors nous avons cette chance de pouvoir parler cette langue-là. Nous devons la protéger, nous devons la défendre et aussi en faire un instrument de développement économique et de promotion culturelle.

Quand je regarde le nombre de pays qui aujourd’hui sont rassemblés dans ce que l’on appelle la francophonie, c’est à peu près, un gros tiers du monde. La francophonie, c’est un tiers des pays membres de l’ONU, c’est un espace politique qui va des Amériques jusqu’en Afrique en passant par l’Asie sans oublier l’Océanie. Nous sommes présents partout dans le monde grâce à la langue française. Alors vous êtes parties prenantes de cette francophonie et plus nous développons la culture française, plus nous continuons à enseigner en français, plus nous continuons à être citoyens du monde en français, à partager finalement les valeurs de la République, ce que vous avez fait et notamment la fraternité, plus nous servons la belle cause de la langue française et de la francophonie.

Vive la République ! Et vive la France ! Et vive les Français qui vivent en Guinée ! Et vive la Guinée !

Avec une équipe de la Sécurité civile déployée en Guinée
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Dernière modification : 03/12/2014

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