Signature d’un convention d’aide budgétaire exceptionnelle de 2,5 M d’euros - 14 novembre 2007

Discours de Son Excellence M. Jean-Michel Berrit, ambassadeur de France,
lors de la signature au ministère de l’Economie, des Finances et du Plan

«  Monsieur le ministre de l’Economie, des Finances et du Plan,
-  Mesdames et Messieurs,

C’est avec un grand plaisir que je suis ici aujourd’hui pour signer avec vous, Monsieur le ministre, une convention d’aide budgétaire exceptionnelle de 2,5 millions d’euros.
C’est la deuxième fois, cette année, que la France accorde à la Guinée une aide budgétaire. En effet, le 1er mars dernier, le jour même où le Premier ministre, Monsieur Lansana Kouyaté, prenait ses fonctions, Madame Girardin, alors ministre déléguée à la Coopération, au Développement et à la Francophonie, annonçait une aide humanitaire de 100.000 euros et signait avec lui une convention d’aide budgétaire exceptionnelle portant sur un don d’un million d’euros (plus de 6 milliards de francs guinéens).
Cette aide budgétaire avait pour but de permettre à la Société des Eaux de Guinée (la SEG) d’amener l’eau potable à environ 330.000 habitants des quartiers populaires défavorisés des communes périphériques de Conakry. De nouveaux forages ont ainsi été réalisés, équipés et raccordés aux réseaux sur les sites de Cobaya 1 et 2, Kakimbo et de l’Aviation. Le Premier ministre a inauguré jeudi dernier les travaux réalisés sur le site de Cobaya. La population des quartiers de la Commune de Ratoma a déjà pu en ressentir les effets bénéfiques.
L’attribution d’une seconde aide budgétaire, objet de la signature de ce jour, a été décidée par le Président de la République, Monsieur Nicolas Sarkozy, lorsqu’il a reçu Monsieur Lansana Kouyaté en juin dernier. Elle a été confirmée lors du Forum des partenaires de la Guinée organisé à Paris les 24 et 25 juillet dernier. D’un montant de 2,5 millions d’euros, soit environ 15 milliards de francs guinéens, elle a pour objet d’aider le Gouvernement de consensus à atteindre les objectifs qu’il s’est fixés à court et moyen terme.
Une nouvelle aide budgétaire d’un montant de 2,5 millions d’euros sera allouée début 2008, comme cela a été annoncé lors du Forum de Paris en juillet dernier, en appui à la Facilité de réduction de la pauvreté et pour la croissance (FRPC) que vous vous préparez à signer avec le FMI.
Revenant à l’aide budgétaire présente, il s’agit d’une ressource additionnelle destinée d’une part à la mise en œuvre du Programme minimum d’urgence élaboré par le Gouvernement lors du Séminaire gouvernemental de Bel Air en mai 2007, d’autre part à la formation et l’équipement de la police.
Elle fournira les moyens financiers nécessaires à la réalisation des actions concrètes suivantes :
Au titre du Programme minimum d’urgence, un montant de 1.750.000 euros sera alloué :
-  au financement de la Commission électorale nationale indépendante, la CENI, pour 100.000 euros ;
-  au financement de la commission nationale d’enquête indépendante relative aux évènements de juin 2006 et de janvier et février 2007, pour 200.000 euros ;
-  à l’amélioration de l’accès à l’eau potable, en complément à l’aide budgétaire actuelle, pour un montant de 1.350.000 euros : il s’agira de poursuivre la réhabilitation de captages à Conakry, d’installer des systèmes de comptage d’eau et de contribuer ainsi à la réduction des pertes, et d’aménager des points d’eau dans les universités et les centres de recherche ;
-  cette aide contribuera également au programme de raccordement des centres universitaires au réseau électrique, pour 100.000 euros.
Au titre de la formation et de l’équipement de la police, un montant de 750.000 euros sera alloué :
-  à la création et à l’équipement d’un service de formation continue de la police à Conakry et son soutien en expertise,
-  à un appui au démarrage de l’école de police de Boffa en matière de formation de formateurs et d’équipements pédagogiques,
-  au renforcement de la lutte contre l’émigration irrégulière par l’équipement de l’aéroport de Conakry d’un système des saisies des données,
-  au renforcement de la capacité de maintien de l’ordre par la formation et l’équipement d’une compagnie de maintien de l’ordre,
-  à la formation et l’équipement d’un service de police scientifique et technique.
Pour la mise en œuvre de l’appui à la formation et à l’équipement de la police, il sera fait appel à un organisme français spécialisé dans ce domaine, la société CIVIPOL.
Par cette deuxième contribution exceptionnelle au budget de l’Etat, la France manifeste une nouvelle fois, de façon concrète, sa solidarité avec le peuple guinéen et son soutien à l’œuvre de redressement engagée par le gouvernement de consensus. Je souhaite vivement que cette aide budgétaire puisse contribuer à l’atteinte des trois objectifs que s’est donnés le gouvernement : redonner l’espoir aux populations, consolider l’Etat de droit et créer les bases d’une reprise du processus de développement. »

Dernière modification : 09/07/2008

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