Riz Basse Guinée, don de 9 milions d’euros - 8 MAI 2007

JOURNEE DU 31 MAI 2007 - RENCONTRE DES ACTEURS DU PROJET AU SIEGE DE LA FEDERATION DES ORGANISATIONS PAYSANNES DE LA BASSE GUINEE A DUBREKA

La France à travers l’Agence Française de Développement (AFD) a octroyé le 08 mai 2007 un don à la République de Guinée d’un montant de 9.000.000 euros (près de 45 milliards de francs guinéens au taux actuel) pour une nouvelle phase de developpement de la filière rizicole en mangrove.

Depuis bientôt 20 ans, la Coopération française soutient le développement de la riziculture irriguée en Guinée Maritime. Au total la France a consacré près de 13 millions d’euros (ou 65 milliards de gnf) de dons au développement de la filière. Le précédent projet, le Projet de Développement de la Riziculture irriguée en Guinée Maritime qui s’est achevé en 2003, financé sur don de l’agence a permis la mise en valeur à plus de 90% des 17 périmètres aménagés et des gains de rendement à l’hectare multipliés par plus de 2 après deux ans de mise en valeur. Le projet a entraîné une forte croissance de la production, passant de 6 000 à 12 000 tonnes sur la zone concernée.

C’est sur la base de ces resultats trés encourageants que le « Projet d’appui au développement de la filière riz de Basse Guinée » vient d’être lancé. Prévu sur 4 ans, il a pour principaux objectifs :
- de réaliser des infrastructures de maîtrise de l’eau couvrant 5 000 ha environ en améliorant la gestion de l’eau sur ces plaines, notamment par des aménagements parcellaires ;
- d’accroître ainsi la production annuelle de riz paddy de 80% sur la zone concernee pour atteindre 15.700 tonnes a l’issue du projet ;
- d’apporter aux producteurs les appuis techniques nécessaires à une mise en valeur efficace et durable de ces zones aménagées ;
- et de renforcer les acteurs institutionnels participant à cette filière et tout particulièrement les organisations de producteurs de Basse Guinée.

Ce projet est novateur puisqu’il a adopté une démarche participative volontaire depuis sa conception (avec une large concertation de toutes les parties concernées qui ont été consultées lors de l’évaluation du projet) jusqu’à sa realisation, avec un appui à différents acteurs (les organisations paysannes, la recherche appliquée, l’ong univers sel).

Le projet est placé sous la coordination d’ensemble de la Direction Nationale du Génie Rural (DNGR) du Ministère de l’Agriculture, de l’Elevage, de l’Environnement, des Eaux et Forêts (MAEEEF).

La réalisation des aménagements des plaines rizicoles est confiée au bureau d’études Berca Baara, structure privée qui s’est constituée à partir de l’équipe recrutée pour la mise en œuvre du précédent projet et qui bénéficie ainsi de toute la capitalisation de l’expérience accumulée sur la problématique d’aménagement.

La Fédération des Organisations de Producteurs de Basse Guinée (FOPBG) est chargée de l’appui aux OP de Basse Guinée par un accord de rétrocession signé le 08 mai 2007 à hauteur de 1 800 000 euros (soit plus de 10 milliards de GNF). Elle organisera un système de conseil technique aux producteurs en partenariat avec le Service national de la Promotion Rurale et de la Vulgarisation (SNPRV). En plus, de la mise en œuvre d’un programme d’alphabétisation fonctionnelle, la FOPBG est chargée d’apporter un appui aux producteurs de riz de mangrove en matière d’aménagement parcellaire et de gestion de l’eau à la parcelle avec l’appui de l’ONG française Univers Sel, spécialisée dans le domaine.
En complément, l’Institut de Recherche Agronomique de Guinée (IRAG) appuyé par le CIRAD est chargé d’un programme de « recherche-développement » par un accord de rétrocession signé le 08 mai 2007 à hauteur de 360 000 euros (soit plus de 2 milliards de GNF). Les thèmes d’étude seront la recherche agronomique sur la culture de riz de mangrove pour définir les systèmes permettant de maintenir la fertilité des sols sur le long terme, la recherche variétale, le suivi technico-économique de la production rizicole et la recherche sur le matériel de transformation (décorticage, étuvage, stockage...).

Le Bureau Central des Etudes et Politiques Agricoles (BCEPA), maître d’ouvrage du projet de Dynamisation des Filières Vivrières (Dynafiv), a un appui technique au projet pour ce qui concerne les activités d’aval de la filière riz.

Enfin, une mission de « suivi-évaluation » est confiée à un organisme indépendant, l’Observatoire de Guinée Maritime (OGM) qui devra mettre en place un système de suivi-évaluation du projet. Les aspects environnementaux et socio-économiques au niveau des ménages ainsi que la dynamique foncière seront étudiés. Sa mission est d’apprécier les effets et les impacts, dans les domaines des systèmes d’activités des ménages et de la réduction de la pauvreté dans les zones d’action du projet.

Le projet sera renforcé par la mise en place de 3 experts techniques internationaux (ETI) au profit respectivement de la DNGR, de la FOPBG et de l’opérateur Berca-Baara. Il prend par ailleurs en charge l’assistant technique de l’ONG Univers Sel et il prévoit le recrutement de deux Volontaires du Progrès.

Ce nouvel appui s’inscrit bien dans la nécessite de développer les importantes potentialités agricoles en soutenant l’organisation la filière riz de mangrove afin de réduire le volume encore important de riz importé (400.000 tonnes en 2006) et satisfaire plus complètement la demande des populations.

Les revenus générés concerneront quelques dizaines de milliers de producteurs et le renforcement des institutions, notamment des organisations de producteurs, devrait bénéficier à bien plus de monde encore. L’intégration de l’ensemble de la filière riz, amont et aval compris, doit également avoir un impact sur la distribution de revenus tirés de ces activités dans la zone rurale de Basse Guinée, afin de contribuer à maintenir l’équilibre entre les pôles de développent industriels de Basse Guinée (industrie minière en plein développement) et les zones à vocation rurale.

Dernière modification : 09/07/2008

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