Mission de l’Ambassadeur de France dans la région du Foutah Djallon (2-5 mai 2017)

Cette visite de terrain a été l’occasion de plusieurs rencontres avec des acteurs du monde associatif français présents dans la zone, dont nombre sont des jeunes de "France Volontaires". Ils sont peu nombreux mais effectuent un travail très apprécié et utile. Tant la population que les autorités locales demandent un renforcement de cette présence. Elle est vivement souhaitable car la Guinée est un des pays d’Afrique francophone où la présence française (associations et partenariats de coopération décentralisée) est la moins dense.

1/ KINDIA

Rencontre à Kindia de l’équipe de l’ONG française ==Guinée 44== (Loire Atlantique), dirigée par une salariée française, épaulée par une volontaire française. Cette ONG est présente en Guinée depuis une vingtaine d’années. Elle est issue d’un partenariat de coopération décentralisée entre la ville de Nantes et celle de Kindia, partenariat qui a pour origine une histoire commune à travers le commerce de la banane (les bananes de Kindia étaient exportées en France et stockées dans de vastes hangars sur les quais du port de Nantes). Guinée 44 mène aujourd’hui des activités visant à contribuer au développement rural (culture maraichère sur financement de la délégation de l’UE), à l’approvisionnement en eau, en particulier en milieu scolaire (sur financement des 5 communes de Nantes métropole et du syndicat des eaux d’île de France), et à une amélioration de l’assainissement (financement ADEME et du syndicat des ordures ménagères d’île de France). J’ai pu à cette occasion visiter un lycée soutenu par Guinée 44, qui bénéficie désormais de l’accès à l’eau courante et à des latrines et qui, par ailleurs, a pu améliorer le niveau général des enfants scolarisés via un programme interactif d’échanges avec des élèves de la région de Nantes.

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Échanges avec les représentants ==d’OPALS== (Organisation panafricaine de lutte pour la santé), une ONG médicale de solidarité internationale, créée en France en 1988 par le Professeur Gentilini pour lutter contre la propagation du VIH et pour la prise en charge de patients atteints du VIH. En Guinée, depuis 2007, elle concentre ses actions sur la santé maternelle et infantile en y intégrant la prévention de la transmission mère-enfant du VIH, la prévention du paludisme et la prise en charge du VIH pédiatrique. Elle conduit actuellement un programme sur trois ans à Kindia et Télimélé visant au renforcement de services de santé maternelle et infantile dans 14 centres de santé (sur financement de l’AFD et de la mairie de Paris). J’ai visité l’un de ces centres de santé et pu observer l’impact positif de l’action d’OPALS tant sur la propreté des locaux, l’entretien du petit matériel médical que sur la mobilisation du personnel.

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2/ MAMOU

Visite du Centre Konkouré de l’association ==Guinée Solidarité==, un centre qui accueille une trentaine de jeunes handicapés afin de les former aux métiers de la mécanique (pour les hommes) et aux métiers de la couture et de la layette (pour les femmes). Au terme d’une formation d’une durée de deux ans, 80% des élèves réussissent à exercer une profession leur garantissant une autonomie financière. Le fonctionnement de ce centre « modèle » et unique en son genre (l’aide aux handicapés en Guinée est inexistante) est financé par l’association Guinée Solidarité Provence qui collecte des fonds privés en France et s’appuie sur un réseau d’anciens cadres de Péchiney ayant travaillé dans l’usine d’alumine de Fria. Ce centre est actuellement dirigé par des jeunes volontaires français et bénéficie de l’aide d’une ergothérapeute française, elle aussi volontaire. Le SCAC envisage la conclusion d’une convention de subvention pour participer à la construction d’un nouveau Centre, les locaux actuels étant en location et le bail devant arriver à échéance. Ce centre sera cofinancé par des bailleurs privés, en particulier des entreprises françaises présentes en Guinée (Orange, Société générale).

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Visite à l’antenne régionale de l’ONG ==Relais==, une plateforme d’ONG de jeunes qui évoluent dans le milieu associatif. Cette plateforme est subventionnée par le SCAC en 2017 afin de réaliser des formations et d’apporter des conseils visant à structurer et professionnaliser les ONG jeunesse en Moyenne- Guinée. Le tissu associatif est dense en Guinée et les associations constituent souvent le seul moyen pour une jeunesse, très touchée par le chômage, de s’intégrer à la société.
J’ai pu, à cette occasion, échanger avec les responsables de la plateforme et avec les représentants de certaines des ONG soutenues par Relais. Ces jeunes sont des candidats possibles à l’émigration clandestine vers l’Europe et il est nécessaire de soutenir les efforts déployés pour les dissuader de partir et leur offrir des perspectives réelles d’amélioration des conditions de vie. Il convient de rappeler qu’en Guinée, Mamou constitue une ==zone carrefour== des flux migratoires vers l’Europe.

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Visite de ==l’Institut Supérieur de Technologie (IST)==, qui forme des étudiants en informatique, chimie, biologie et physique. Son directeur, le Docteur Cellou Kante, qui a été invité en France fin 2016 afin de participer aux journées Campus France, m’a paru particulièrement dynamique. Cet institut a longtemps été soutenu par la coopération française, notamment grâce à la présence d’un assistant technique, qui a partiellement équipé le site en matériel informatique via un FSP. En outre, le Département du Nord a réalisé de 2004 à 2012 des actions de coopération, par le biais de l’ONG ACAUPED (Association pour la Coordination d’Actions d’Utiles aux Pays en Développement), qui a permis d’apporter une aide en matériel et en formation à l’IST. Cette ONG n’accueille plus de volontaire français et a cessé son soutien à l’IST, le Conseil général du Nord ayant décidé de ne plus financer d’activités en Guinée. L’IST continue cependant de s’agrandir et la qualité des 400 cadres qu’il forme annuellement est reconnue. L’insertion professionnelle des jeunes que l’IST forme est facilitée par l’existence d’un réseau d’entreprises accueillant des stagiaires. Ainsi, deux de ses jeunes professeurs suivent actuellement une thèse de doctorat dans une université française (Perpignan et Clermont-Ferrand). Enfin, le FSPI destiné à l’enseignement supérieur en Guinée (2017-2019) permettra d’accompagner les efforts conduits par l’IST, via des dons de matériels d’enseignement et une refonte des curricula.

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3/ DALABA

Visite de ==l’Institut Supérieur des Sciences et de Médecine Vétérinaire== et rencontre avec son directeur général, M. Youssouf Sidimé. Il s’agit de la seule école vétérinaire du pays en province (l’autre étant située à Conakry). Sa localisation, dans la principale zone d’élevage du pays, est particulièrement pertinente. Ses locaux récents (l’Institut a été créé en 2004) sont bien tenus et les équipements dont elle a la charge semblent bien entretenus. Le projet Labnet, mis en oeuvre par Expertise France sur financement du MAEDI (3 millions d’euros sur 2015-2018), a permis la réalisation d’un audit de l’École vétérinaire et de son laboratoire et considère qu’il s’agit d’un site de référence pour la Guinée (effectifs réduits d’étudiants, encadrement de bon niveau, équipement bien entretenu, procédures respectées, revue scientifique...). Une aide est envisagée dans le cadre de ce programme. Par ailleurs, l’Institut Pasteur a réalisé, grâce à son expert technique international présent à Conakry, quelques formations du personnel enseignant.

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4/ PITA

Visite sur site d’une ==ferme avicole== en partie financée sur crédits d’intervention par le SCAC. Cette ferme est le fruit du travail d’une association, l’AJRPI (Association des Jeunes pour la Rénovation du Patrimoine et l’Innovation ), dirigée par deux jeunes femmes, dont l’une a effectuée des études supérieures en France via Campus France et l’autre a été formée par à l’école vétérinaire de Dalaba. L’AJRPI écoule les oeufs de la ferme sur le marché de Pita et envisage d’agrandir les
bâtiments pour développer son activité. L’agriculture reste la première pourvoyeuse d’emplois en Guinée mais son potentiel reste largement inexploité. L’action menée par le SCAC est complémentaire des financements accordés par l’AFD en vue de soutenir le secteur agricole en Guinée.

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5/ LABE

Rencontre à Labé du personnel de l’ONG "==Partenariat==" dont le siège est situé à Lille et qui a décidé de s’implanter en Guinée en 2015. Elle conduit des activités de rénovation de points d’eau, de latrines et d’infrastructures des écoles de la région de Labé sur financement de l’AFD, de la Communauté d’Agglomération Saint- Omer et de l’Agence de l’Eau Artois Picardie. A la tête d’une petite équipe, son coordonnateur, un volontaire français, s’attache à travailler en lien étroit avec les
autorités locales. J’ai visité une école rénovée, où tant le corps enseignant que les parents d’élèves se sont impliqués. Tant à Labé qu’à Kindia, on ne peut manquer de constater à quel point les infrastructures scolaires ont besoin d’être développées et soutenues, compte tenu de nombre important d’élèves par classe (jusqu’à 150 en classe de terminale !).

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Accueilli par le directeur du ==centre hospitalier== de la ville, j’ai visité cet établissement en compagnie de praticiens hospitaliers français qui effectuaient une mission sur place. En effet, depuis 2013, un partenariat lie l’hôpital et le CHU Strasbourg. Initié au départ par des fonds du MAEDI, il repose maintenant surtout sur le volontariat d’une équipe de médecins strasbourgeois. Cette équipe réussit à réaliser deux missions par an. Lors de ma visite, cette équipe, venue pour quinze jours, était composée de chirurgiens (traumatologie), de médecins généralistes et spécialistes, d’un réanimateur, d’un kinésithérapeute et d’une infirmière. Elle réalise des formations et participe à des interventions et aux soins. Un partenariat franco-allemand avec l’hôpital de Bruchsal est envisagé pour pérenniser l’action en faveur de l’hôpital de Labé, qui est très apprécié du personnel et des autorités locales.

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Échanges avec deux experts français du ==Projet Twin2H==, qui étaient alors en mission au centre hospitalier de Labé pour animer des formations auprès du personnel soignant et superviser la mise en place d’une structure de stockage des déchets hospitaliers. Twin2H est un projet mis en oeuvre par Expertise France sur financement du Département (3 millions d’euros entre 2015 et 2018) visant à renforcer l’hygiène hospitalière sur 11 structures sanitaires en Guinée. Les experts français travaillent, en lien avec leurs collègues guinéens, à renforcer la gouvernance des systèmes de santé en matière d’hygiène hospitalière, à renforcer les compétences et les pratiques et à améliorer les conditions de travail en conduisant des réhabilitations ciblées et de l’achat de petits matériels de soins. Le défi est considérable dans un pays dont le système de santé a prouvé toute sa fragilité lors de l’épidémie de maladie à virus Ebola.

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Rencontre de l’équipe ==d’Essentiel==, une mutuelle française basée à Nantes, qui met en oeuvre un programme intitulé « Santé pour tous » sur la période 2016-2019. Sur financement de l’AFD, de la région Pays de la Loire, du CHU de Nantes, de la ville de Nantes et de deux mutuelles françaises, ce programme vise à mettre en place dans trois préfectures de Moyenne-Guinée, en lien avec l’Organisation nationale d’appui à la Mutualité en Guinée (ONAM), un réseau de mutuelles couvrant
des secteurs professionnels (agriculteurs, cadres) et le milieu scolaire. Un assistant technique français de la mutuelle Essentiel, qui réside à Labé deux mois sur trois, dirige ce projet novateur et audacieux dans un pays où l’offre de santé de qualité est très faible et où la solidarité, lorsqu’elle n’est pas d’ordre familial, demeure rare.

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Cette première mission de terrain s’est révélée utile et très instructive dans la mesure où elle a permis de constater "la forte demande de France" d’une région, le Fouta Djallon, qui est devenue aujourd’hui, une zone d’émigration. Il apparait donc essentiel de resserrer les liens qui existent entre ce poste, les opérateurs France et les acteurs locaux que nous appuyons sous diverses formes. Cette mission a également été l’occasion de visiter plusieurs partenaires très engagés dans la réussite de leur établissement en dépit des multiples difficultés rencontrées au quotidien (notamment l’IST de Mamou, l’école vétérinaire de Dalaba ou l’hôpital de Mamou). L’Ambassadeur de France a rendu un hommage appuyé aux acteurs de terrain dont la très forte motivation, alliée à une volonté de réussir, indispensable face aux défis rencontrés, méritait d’être relevée.

Pour leur part, les autorités locales (Gouverneurs, Préfets, Maires...), associées aux différentes rencontres et visites, ont montré un intérêt marqué aux initiatives menées par nos compatriotes, et nous ont, à chaque fois, assuré de leur soutien.

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Dernière modification : 15/05/2017

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