La sécurité civile enquête sur les incendies du Foutah

M. le Premier Conseiller de l’Ambassade de France a remis à M. le Ministre de l’Intérieur le rapport établi par les experts français sur les « Feux mystérieux » du Fouta, ce mercredi 23 septembre, au ministère de l’Intérieur à Coléah.

remise du rapport
JPEG

Depuis des décennies, des feux d’origine inconnue détruisent les habitations traditionnelles du Fouta Djalon. En janvier 2015, à la demande de M. le Président de la République de Guinée, deux experts français (Services départementaux d’incendie et de de secours de la Vienne et de l’Indre) se sont rendus dans le Fouta Djalon pour étudier ce phénomène.

un exemple des dégâts provoqués par ce type de sinistre
JPEG

C’est le rapport que ces deux experts ont établi, qui a été remis au Ministre de l’Intérieur. Les experts ont par ailleurs établi une liste de recommandations pour mettre fin au phénomène des « feux mystérieux ».

Les experts à l’oeuvre (Services départementaux d’incendie et de de secours de la Vienne et de l’Indre)
JPEG

M. le lieutenant-colonel Hivert, conseiller du directeur général de la sécurité civile guinéenne, a exposé les 3 facteurs à l’origine de ces incendies :

  • L’auto-échauffement des végétaux est dû à l’activité microbiologique. Une paille qui n’a pas été assez séchée avant utilisation peut engendrer un phénomène de combustion spontanée. En effet, à température ambiante, la réaction d’oxydation de la paille bien qu’extrêmement lente, est exothermique et peut causer une augmentation de la température du matériau si la température n’est pas dissipée. Le processus de décomposition et d’auto-échauffement de la matière organique peut ainsi conduire à l’inflammation du matériau.
  • L’auto-combustion des vêtements confinés relève de la mauvaise qualité ou de l’usure des tissus qui produisent une poussière de cellulose dont le caractère très inflammable (voire explosif) est renforcé par la présence de corps gras présents sur les vêtements (acide palmitique et oléique).
  • La combinaison de ces deux facteurs est encore accélérée par la configuration des maisons traditionnelles qui sont peu aérées et dont les murs agissent comme des briques réfractaires (on y a retrouvé des ustensiles de cuisine en aluminium fondus sachant que la température de fusion de l’aluminium est de 600°).

L’analyse d’échantillons de paille, vêtements et matériaux par l’Institut de chimie de l’Université de Poitiers a conforté les conclusions des deux experts, qui ont rédigé un catalogue de préconisations afin de mettre fin à ce phénomène.

PDF - 42.2 Mo
rapport_rcci_guinee.pdf
(PDF - 42.2 Mo)

Dernière modification : 30/10/2015

Haut de page