L’ambassade rend hommage aux morts pour la France au cimetière de Boulbinet (11 novembre 2012)

L'attaché de défense, Renaud Devouge, en maître de cérémonie - JPEG

En présence des autorités militaires françaises et guinéennes, d’associations d’Anciens combattants et d’associations représentant les Français de l’étranger, la traditionnelle cérémonie du 11 novembre s’est déroulée le 11 novembre 2012 au cimetière de Boulbinet.

Bertrand Cochery et le Chef d'Etat-major - JPEG

A l’issue de la cérémonie, l’ambassadeur et l’attaché de défense ont invité les participants à un vin d’honneur dans le jardin de la chancellerie.

- Discours de l’ambassadeur de France, Bertand Cochery,
- Déclaration de Kader Arif, ministre délégué auprès des anciens combattants,
- Album photo

Hommage aux morts pour la France - Cérémonie au cimetière de Boulbinet - Conakry - 11 novembre 2012 - Discours de l’ambassadeur de France

Messieurs les Officiers généraux,
Messieurs les Présidents d’association d’anciens combattants,
Mesdames et Messieurs les représentants des associations des Français de l’étranger,
Monsieur le représentant du Souvenir Français,
Messieurs les officiers,
Mesdames et Messieurs,
Chers invités,

Je vous remercie d’être venus nombreux pour rendre hommage, en ce 11 novembre, au carré français du cimetière de Boulbinet, à la mémoire de nos compatriotes morts pour la France.

C’est une cérémonie traditionnelle, à laquelle nous sommes tous très fortement attachés car elle est l’incarnation de cet indissociable lien de mémoire qui fait la force d’une nation.

Je voudrais remercier les associations représentant les Français de l’étranger qui chaque année, fidèles à nos valeurs, veillent à l’entretien et à la dignité des sépultures des Français qui reposent au cimetière de Boulbinet.

Ce lien de mémoire est aussi un lien d’amitié et de reconnaissance envers tous ceux qui, aux cotés des forces française, ont combattu et payé parfois le plus lourd sacrifice.
Je pense en particulier à nos frères d’armes guinéens, combattants des deux guerres mondiales, combattants d’Indochine et d’Algérie, cette Force Noire à qui nous rendons hommage hier à Boké, à qui nous rendrons hommage demain à Kankan, ces soldats qui se sont battus, sous nos couleurs, sous notre uniforme, et qui, pour certains comme Addi Bah, ont refusé la défaite de 1940 et ont fait partie de ces premiers résistants que Tierno Monénembo vient justement de faire sortir de l’ombre dans son roman, « Le Terroriste noir », justement récompensé du Prix Métis.

Intervention de Bertrand Cochery - JPEG

En ce 11 novembre 2012, pour la première fois depuis la loi du 28 février 2012, la France et les Français rendent hommage à tous les morts pour la France quel que soit le conflit durant lequel ils sont tombés.

Je souhaite clore mon intervention en vous citant des extraits du poème « Eve », écrit en 1913 par Charles Péguy, mort au front le 5 septembre 1914 près de Villeroy :

« Heureux ceux qui sont morts pour la terre charnelle,

Mais pourvu que ce fût dans une juste guerre.

Heureux ceux qui sont morts pour quatre coins de terre.

Heureux ceux qui sont morts d’une mort solennelle.

(…)

Heureux ceux qui sont morts, car ils sont retournés

Dans la première argile et la première terre.

Heureux ceux qui sont morts dans une juste guerre.

Heureux les épis murs et les blés moissonnés.

(…)

Mère voici vos fils qui se sont tant battus.

Vous les voyez couchés parmi les nations.

Que Dieu ménage un peu ces êtres débattus,

Ces cœurs pleins de tristesse et d’hésitations.

(…)

Mère voici vos fils et leur immense armée.

Qu’ils ne soient pas jugés sur leur seule misère.

Que Dieu mette avec eux un peu de cette terre

Qui les a tant perdus et qu’ils ont tant aimée.(…) »

Je vous remercie.

Message de Kader ARIF, Ministre délégué auprès du ministre de la défense, en charge des anciens combattants - 11 novembre 2012 - Commémoration de la victoire et de la paix - Hommage à tous les morts pour la France

Le capitaine Eric Bellone lit le message du ministre des Anciens combattants - JPEG

Le 11 novembre 1918 à 11 heures, les clairons sonnaient le cessezle- feu tout au long de la ligne de front, mettant fin à quatre ans d’une terrible guerre.

Premier conflit mondial, qui marque par son ampleur et par le nombre de victimes, militaires et civiles, l’entrée brutale dans ce 20ème siècle sanglant, la Grande Guerre marquera à jamais les esprits.

Car malgré la joie de la victoire, les familles pleuraient leurs morts.

Une hécatombe venait de se produire et, bientôt, chacun ressentait l’impérieuse nécessité que la nation tout entière, pour se reconstruire, reconnaisse son malheur et s’y associe.

Plusieurs étapes favoriseront cette résilience.

– L’inhumation sous l’Arc de Triomphe, le 28 janvier 1921, du corps d’un soldat inconnu, pour symboliser tous les morts de la Grande Guerre.

– Le vote par le parlement, il y a eu 90 ans cette année, le 24 octobre 1922, d’une loi fixant au 11 novembre la "commémoration de la victoire et de la paix".

– L’allumage, par André Maginot, ministre de la guerre et des pensions, le 11 novembre 1923, d’une flamme sur la tombe du soldat inconnu, qui, depuis lors, ne s’est jamais éteinte.

– La réalisation de monuments aux morts dans presque toutes les communes, pour porter les noms de leurs enfants "morts pour la France", auxquels s’ajouteront, ultérieurement, ceux des victimes des autres conflits.

La disparition des témoins de la guerre de 1914-1918 et l’inéluctable déclin du nombre des acteurs des conflits suivants appelaient une évolution pour maintenir la portée symbolique de cette journée.

C’est le sens de la loi du 28 février 2012, qui élargit la portée du 11 novembre à l’ensemble des morts pour la France tout en conservant les autres journées nationales commémoratives.

C’est donc la reconnaissance du pays tout entier à l’égard de l’ensemble des morts pour la France tombés pendant et depuis la Grande Guerre qui s’exprime aujourd’hui, particulièrement envers les derniers d’entre eux, ceux qui ont laissé leur vie en Afghanistan.

Elle s’inscrit dans une politique commémorative ambitieuse qui vise à transmettre la mémoire, à favoriser la compréhension de notre histoire nationale commune et son appropriation par les jeunes générations.

Les parlementaires du début des années vingt avaient voulu que la journée nationale du 11 novembre soit placée sous le double signe de la victoire et de la paix.

Ce dernier but semblait alors bien aléatoire, comme allaient le démontrer les décennies suivantes.

Mais finalement, ces parlementaires étaient des précurseurs. En votant la loi instituant une "journée de la victoire et de la paix", ils espéraient que soit célébrée dans l’avenir une "journée de la victoire de la paix".

Le temps et la volonté des peuples leur ont donné raison.

Kader ARIF

L’album photo de la cérémonie : http://www.flickr.com/photos/627032...

Dernière modification : 11/11/2012

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