L’AFD soutient le développement et la résilience en Guinée

Trois conventions de financement entre la Guinée et la France, d’’un montant global de 23,5 millions d’euros ont été signées ce mercredi 7 novembre par M. Mamadi Camara, Ministre de l’Economie et des Finances, M. Jean Marc GROSGURIN, Ambassadeur de France en Guinée et Mme Patricia AUBRAS, directrice de l’Agence Française de Développement en Guinée (AFD). Ces fonds, portés par AFD, visent l’apurement partiel de la dette intérieure guinéenne, le renforcement des outils de gouvernance du secteur rural, le renforcement de la sécurité alimentaire des populations, la lutte contre la pauvreté et l’adaptation aux changements climatiques.
Les conventions de financement se déclinent en aide budgétaire (1), en projets de développement de secteurs clés de l’économie guinéenne (2) et en protocole d’entente (3) et vont contribuer à l’effectivité du Plan National de Développement Economique et Social (PNDES) 2016-2020.

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Contribuer à apurer la dette intérieure
D’un montant de 5 millions d’euros, l’aide budgétaire sera affectée sous forme de subvention à l’apurement progressif des 110 millions d’euros de dette intérieure, ciblant en priorité les impayés et arriérés de l’Etat envers les entreprises, établissements publics, organismes de sécurité sociale et les collectivités locales. Elle devrait à terme permettre, outre le désendettement de l’Etat, l’apport de liquidités au secteur privé et le rétablissement de la confiance entre l’Etat et ses fournisseurs.
Déjà en 2017, suite à une requête du gouvernement guinéen, une première aide budgétaire de 5 millions d’euros a été octroyée par le biais de l’AFD. Elle visait, elle aussi, le financement partiel du Plan National de Développement Economique et Social (PNDES) par l’apurement de la dette intérieure, pour lequel la France s’est engagée pour un montant de 501 millions d’euros et dont l’AFD est le principal opérateur.

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Un appui au développement rural
Deux projets pour lutter contre la pauvreté, assurer une meilleure sécurité alimentaire et impulser le développement des territoires ruraux.
Le premier vise l’appui aux statistiques agricoles et au foncier rural (ASAF). Il est financé par l’AFD à hauteur de 8.5 millions d’euros sur C2D (contrat de désendettement et de développement) et s’étendra jusqu’en 2024/2025.
Le projet ASAF est structurant pour l’ensemble des sous-secteurs du développement rural (agriculture, élevage, pêche/aquaculture, environnement). Il assurera la mise en place d’un système de statistiques agricoles bien coordonné et doté de suffisamment de ressources (humaines, financières, matérielles et technologiques) pour produire, diffuser et archiver des données statistiques fiables sur le long terme. Il aboutira également à la mise en place d’un outil de suivi de l’occupation du sol (zonage agro-écologique) et l’amélioration de la gouvernance et de la sécurisation foncière par la mise en œuvre de la feuille de route sur le foncier rural.
La Banque Mondiale accordera un financement parallèle de 5 millions de dollars pour le Recensement National de l’Agriculture et de l’Elevage (RNAE).
Le second projet concerne le développement de la pisciculture commerciale familiale de Guinée (PISCOFAM). D’un coût global de 13,1 millions d’euros dont 10 millions subventionnés par l’AFD, il vient accroitre durablement la sécurité alimentaire et nutritionnelle par la mise en œuvre de systèmes piscicoles rentables (pisciculture de bas-fond/mangrove et pisciriziculture en zone forestière et en haute Guinée). Le projet PISCOFAM vise aussi l’autonomisation des groupements de pisciculteurs par la structuration et la professionnalisation de la filière, et l’augmentation des revenus des populations rurales de Guinée.
Un renforcement de capacités des cadres et des institutions en matière de pisciculture est également prévu. De même que le développement et la mise en œuvre de nouveaux curricula dans les écoles de formation professionnelle agricoles.
Autre objectif du projet PISCOFAM : le suivi et la gestion des impacts environnementaux et sociaux, y compris en termes d’inégalités de genre.
Aux côtés de l’AFD, l’Etat guinéen financera les coûts des fonctionnaires mis à la disposition de l’opération et les pisciculteurs prendront en charge l’aménagement des étangs.

Le protocole d’entente
Il porte sur la facilité Adapt’Action financée par l’AFD. Avec un objectif de 30 millions d’euros sur une durée de quatre ans, elle vient accompagner quinze pays des plus vulnérables au changement climatique, avec un focus prioritaire sur l’Afrique, les Pays les moins avancés (PMA) et les Petits États insulaires en développement (PEID).
Pour sa mise en œuvre en Guinée, Adapt’Action met en lien l’AFD, Expertise France et le ministère de l’économie et des finances.
La facilité se déploiera selon trois axes principaux :
-  Appuyer le renforcement des capacités et la gouvernance du pays pour la consolidation, la mise en œuvre et le suivi de la CDN (Contribution Déterminée au niveau National en application de l’Accord de Paris sur le climat)
-  Décliner la CDN en politiques publiques sectorielles et plans d’actions
-  Accompagner la mise en œuvre de programmes concrets et structurants, finançables à court terme
Une mission du coordinateur régional Adapt’Action est même en préparation à Conakry.

Dernière modification : 08/11/2018

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