Fiche pratique : Grippe Aviaire

Qu’appelle -t-on la grippe aviaire ?

La grippe aviaire, ou grippe du poulet, est une infection due à un virus de la famille des Orthomyxoviridae qui comprend plusieurs genres (ou types) dont Influenzavirus A. Celui-ci est divisé en sous types parmi lesquels les sous-types H5 et H7.
Cette infection peut toucher presque toutes les espèces d’oiseaux, sauvages ou domestiques. Elle peut être fortement contagieuse surtout chez les poulets et les dindes, et est susceptible d’entraîner une mortalité extrêmement élevée dans ces espèces.
Le virus Influenza aviaire peut éventuellement infecter d’autres espèces animales comme le porc ou d’autres mammifères. On parle d’épizootie de grippe aviaire lorsque la maladie affecte brutalement un grand nombre d’animaux à la fois dans une région donnée.

Comment se transmet le virus chez les animaux ?

Le virusse transmet essentiellement par contamination aérienne (secrétionsrespiratoires) soit par contact direct, notamment avec les sécrétions respiratoires et les matières fécales des animaux malades, soit de
façon indirecte par l’exposition à des matières contaminées (par l’intermédiaire de la nourriture, de l’eau, du matériel et de vêtements contaminés). Les espaces confinés favorisent latransmission du virus.

Comment reconnaître la maladie dans un élevage de volailles ?

Après une période d’incubation de 3 à 5 jours, les signes suivants peuvent apparaître : diminution de l’appétit, réduction considérable de la production d’oeufs, puis évolution vers une mort subite des volailles (la mortalité peut atteindre de 90 à 100 %).

Existe-t-il des tests de diagnostic rapide de la maladie chez les animaux ?

Il existe des tests de diagnostic rapide de grippe qui permettent simplement de confirmer ou non l’existence d’un virus grippal et permettant l’identification de la famille Influenza, mais ne permettent pas de préciser le sous-type.

Le virus influenza aviaire est-il transmissible de l’animal à l’homme ?

Le virus de la grippe aviaire de type A (H5/N1) peut se transmettre de l’animal à l’homme. Le phénomène observé depuis janvier 2004 en Asie confirme l’existence de plusieurs cas de transmission de ce type. Un phénomène semblable de transmission d’un virus aviaire à l’homme a été observé en Chine en 1997 (« grippe du poulet à HongKong ») avec un virus A (H5/N1) et aux Pays-Bas au printemps 2003 avec un
virus A (H7/N7).
La contamination est aérienne et se fait essentiellement lors de contacts étroits, prolongés et répétés dans des espaces confinés avec des sécrétions respiratoires ou des déjections d’animaux infectés, par voie directe ou indirecte (surfaces et/ou mains souillées par les déjections).

Quelles sont les populations les plus exposées au risque d’infection par le virus aviaire dans les pays affectés ?

Les personnes les plus exposées sont celles qui travaillent ou interviennent dans une zone contaminée :
- les éleveurs et leur famille quand elles résident à proximité des élevages,
- les techniciens de coopératives et les vétérinaires,
- les techniciens et vétérinaires des services,
- les équipes de dépeuplement (personnels qui collectent les volailles vivantes avant euthanasie ou mortes après l’euthanasie, et les carcasses),
- les équipes d’euthanasie qui manipule le matériel spécifique,
- les équipes de nettoyage et de désinfection,
- les équipes d’intervention et de ramassage des carcasses (équarrisseurs),
- et le personnel technique des laboratoires de diagnostic et de recherche.

Le Virus influenza aviaire est-il transmissible d’homme à homme ?

Une transmission secondaire d’homme à homme est possible mais reste
exceptionnelle (3 cas intra-familiaux documentés aux Pays-Bas au printemps 2003 avec le virus A (H7/N7)). Selon l’OMS, à la date du 18 février 2004, il n’existe pas de preuve d’une transmission inter humaine en Asie.

Qu’est-ce qu’un réassortiment ? Quel est le risque chez l’homme d’une telle évolution ?

Une transmission du virus aviaire à l’homme, possible mais exceptionnelle, risque de favoriser, chez une personne déjà contaminée par le virus de la grippe humaine, des échanges de matériel génétique entre ces deux virus. Un tel réassortiment
génétique peut engendrer l’apparition d’un nouveau type de virus susceptible de s’adapter plus facilement à l’homme. Ce mécanisme faciliterait la transmission inter humaine de ce nouveau type de virus avec un risque d’épidémie voire de pandémie, comme cela s’est vu dans le passé.

Quels sont les signes cliniques de la maladie chez l’homme ?

Après une durée d’incubation pouvant aller jusqu’à sept jours selon l’OMS, la maladie se présente d’abord comme une grippe banale (fièvre supérieure à 38°C associée à des maux de gorge, des douleurs musculaires et des troubles respiratoires comme une toux), mais elle s’aggrave rapidement du fait de troubles respiratoires sévères.

Existe-t-il des tests de diagnostic rapide de la maladie chez l’homme ?

Il existe des tests de diagnostic rapide de grippe qui permettent simplement de confirmer ou non l’existence du virus grippal sans en préciser le type.

Existe-t-il un vaccin chez l’homme ? Quand sera-t-il disponible ?

Le vaccin contre la grippe humaine qui a été élaboré cette année, ne protège pas contre le virus de la grippe aviaire. A ce jour, le vaccin contre le virus de la grippe aviaire du poulet A (H5/N1) est à l’étude, mais ne pourra pas être disponible avant plusieurs mois. Le délai incompressible entre l’identification d’un nouveau virus et la
commercialisation d’un vaccin est de quatre mois.

Existe-t-il un traitement préventif efficace chez l’homme ?

Il n’y a pas de traitement préventif contre la grippe aviaire ; néanmoins, dans certaines circonstances particulières, un traitement anti- viral post-exposition pourrait être proposé. Les autorités sanitaires préparent un plan d’utilisation de ces médicaments.

Existe-t-il un traitement curatif efficace chez l’homme ?

Le traitement est avant tout symptomatique. Des traitements anti-viraux permettent d’atténuer les symptômes et les complications de la maladie.

Quelle est l’efficacité d’un masque médical (ou chirurgical) ?

Le masque médical est destiné à éviter, lors de l’expiration de celui qui le porte, la projection de sécrétions des voies aériennes supérieures ou de salive pouvant contenir des agents infectieux transmissibles par voie « gouttelettes » ou « aérienne ». Le port de
ce type de masque est donc recommandé chez les malades pendant la durée de leur traitement ainsi que chez les sujets suspects d’infection non encore déclarée (les proches d’un malade par exemple) Pour garantir leur efficacité, ces masques doivent être changés régulièrement (environ toutes les quatre heures) et jetés après chaque utilisation.

Quelle est l’efficacité des appareils de protection respiratoire jetables ?

Un appareil de protection respiratoire jetable filtrant contre les particules, communément appelé « masque » de protection respiratoire, est destiné à protéger celui qui le porte contre l’inhalation d’agents infectieux transmissibles par voie « aérienne ».
Il le protège aussi contre le risque de transmission par voie « gouttelettes ». Ces masques sont donc destinés à protéger en premier lieu les personnes se rendant au contact des malades. Pour garantir leur efficacité, ces masques doivent être changés régulièrement (environ toutes les quatre heures) et jetés après chaque utilisation.
Par ordre croissant d’efficacité, il existe trois classes d’appareils de protection respiratoire jetables : FFP1, FFP2, FFP3. L’efficacité prend en compte l’efficacité du filtre et la fuite au visage. La protection apportée dépend de la classe de l’appareil choisi
et de son bon ajustement au visage.

Quelle est l’utilité du Tamiflu ?

Le Tamiflu (ou oseltamivir) est un médicament anti- viral utilisable par voie orale. Son activité anti-neuraminidase » cherche à diminuer les symptômes de la maladie grippale ; pour être efficace le traitement doit être débuté dans les 48 premières heures.
L’utilisation du Tamiflu ne s’envisage, à ce jour, qu’à titre curatif et ne peut être administré que sur prescription médicale.
Les autorités sanitaires françaises préparent un plan d’utilisation des médicaments antiviraux.
Les antibiotiques quant à eux, inactifs sur les virus, ne sont utilisés qu’en cas de surinfection bactérienne.

Voir le site suivant pour plus d’informations :
http://www.diplomatie.gouv.fr/fr/ac...

Dernière modification : 21/02/2012

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