Faire de la diplomatie économique une priorité. Plan d’action pour le Quai d’Orsay

Quai d’Orsay

Paris, le 23 août 2012

Faire de la diplomatie économique une priorité. Plan d’action pour le Quai d’Orsay

Le redressement économique est la priorité de la France. Il passe notamment par l’international. Dans un monde globalisé, la redistribution des cartes de la puissance repose en effet en grande partie sur le critère économique. La France doit appréhender cette diplomatie économique comme un facteur essentiel d’influence et de croissance. Le ministère des Affaires Etrangères doit y contribuer de façon décisive. La diplomatie économique devient donc une priorité majeure du Quai d’Orsay.

Notre diplomatie économique, qui est aussi écologique, poursuivra deux objectifs complémentaires :

- soutenir nos entreprises sur les marchés extérieurs ;

- attirer vers notre pays des investissements étrangers créateurs d’emplois.

La promotion de nos intérêts économiques constitue déjà l’une des missions du ministère des Affaires étrangères, tant en Administration centrale que dans notre réseau d’ambassades. Chacun reconnaît la
disponibilité de celles-ci et de leurs services lorsqu’ils sont sollicités. Mais notre diplomatie, mobilisée par des préoccupations traditionnelles et par la multiplication des crises, n’a pas toujours pu
adapter ses objectifs, ses moyens et son organisation pour faire de l’enjeu économique une priorité.
Elle n’a pas encore assez le « réflexe économique ».

Notre dispositif de soutien extérieur est en effet morcelé, trop peu lisible pour les entreprises - surtout les PME et les Entreprises de Taille Intermédiaire (ETI) - et pas toujours assez efficient : nos
ambassadeurs, le réseau des conseillers économiques, l’agence Ubifrance pour le développement international des entreprises, la COFACE pour les garanties, l’AFII pour les investissements
étrangers, OSEO pour l’innovation, les Chambres de commerce, le réseau des conseillers du commerce extérieur s’attachent à remplir le mieux possible leurs missions mais les synergies entre ces
différents outils ne sont pas pleinement établies. Nous devons être davantage tournés vers les gisements de croissance (‘BRICS’ notamment) et vers le démarchage à l’étranger des groupes et
personnes susceptibles d’investir en France.
On note aussi que le plus souvent les grands contrats sont mieux suivis que le commerce courant et les grandes entreprises que les PME/ETI –qui devront bénéficier dès l’an prochain de l’action
internationale de la Banque Publique d’Investissement (BPI). Les initiatives régionales ne sont pas assez coordonnées. La question centrale des liens entre le maintien, voire le développement, de la
base territoriale française des entreprises et leur présence à l’étranger n’est pas toujours suffisamment cernée. Enfin, l’enjeu des investissements étrangers sur le sol national est parfois sous-estimé et au plan européen le principe de réciprocité dans les échanges entre l’Union et le reste du monde reste trop peu défendu.

Certes, l’action de l’administration ne remplace pas celle des entreprises elles-mêmes, et de nombreux autres départements ministériels que celui des Affaires étrangères sont concernés par cette action.
Certes, notre compétitivité dépend de plusieurs facteurs, il faut l’aborder sans tabous (cf. le prochain rapport de Louis Gallois). Mais, compte tenu de l’importance et de l’urgence de redresser notre
économie, en particulier notre balance commerciale, un plan spécifique d’action est indispensable pour le Quai d’Orsay, en liaison avec les autres administrations compétentes.

La diplomatie économique et écologique sera le thème central de la « Conférence des Ambassadeurs » ouverte le 27 août par le Président de la République et réunie au ministère des Affaires étrangères. Le plan d’action pour la diplomatie économique que présentera le Ministre
comporte neuf propositions principales.

Neuf propositions pour notre diplomatie économique

1. Faire du soutien de nos entreprises à l’international, en particulier les PME et ETI, et de la promotion de la « destination France » pour les investissements étrangers, une instruction prioritaire et permanente de notre réseau diplomatique.

2. Créer au Quai d’Orsay une Direction spécifiquement dédiée au soutien aux entreprises (grands groupes mais aussi PME et ETI) et aux affaires économiques.

3. Positionner l’ambassadeur à la tête de l’« équipe France de l’export », en rassemblant sous sa tutelle l’ensemble des structures publiques d’appui aux entreprises à l’international, et en les simplifiant lorsque nécessaire. Un Conseil économique sera mis en place autour de chaque ambassadeur dans nos principaux postes.

4. Mettre en place, au sein de chaque poste diplomatique traitant d’enjeux règlementaires ou normatifs (notamment au niveau de l’Union européenne et particulièrement dans la négociation
des accords commerciaux bilatéraux et multilatéraux), des procédures simples permettant aux entreprises d’exposer en amont et dans le cours des négociations, leurs attentes, leurs préoccupations et leurs intérêts. Dans les négociations européennes et internationales, le
principe de réciprocité sera systématiquement défendu.

5. Renforcer la dimension économique dans les visites et entretiens ministériels.

6. Développer les liens entre nos outils d’influence (formation des étudiants étrangers, bourses, réseau scolaire à l’étranger, Institut Français, etc.) et la promotion de nos intérêts économiques.

7. Désigner, pour quelques pays, des personnalités de stature internationale afin d’y accompagner notre diplomatie.

8. Renforcer la dimension économique dans la formation de nos diplomates et encourager les profils disposant d’une compétence économique, notamment dans les domaines de l’export, des
problèmes spécifiques aux PME, de l’innovation.

9. Ouvrir davantage le Quai d’Orsay aux entreprises et développer le dialogue régulier avec les partenaires économiques et sociaux (journée annuelle « portes ouvertes du Quai d’Orsay »,
messages aux entreprises dans le cadre des points de presse, diffusion des informations économiques sur les sites Internet et les réseaux sociaux du ministère…).

L’ensemble de ces dispositions seront mises en place dans les trois mois et, le cas échéant, enrichies en liaison avec les partenaires concernés.

Dernière modification : 11/10/2012

Haut de page