Discours de la ministre de la francophonie

Monsieur le Président,

Monsieur le Représentant du Secrétaire Général de l’OIF,

Mesdames et Messieurs les Ministres,

Chers Collègues,

C’est avec plaisir que je prends part à cette deuxième concertation ministérielle informelle francophone, à l’occasion de l’Assemblée générale des Nations unies.

Je remercie la République démocratique du Congo et son ministre des affaires étrangères, Raymond Tshibanda, d’avoir pris l’initiative de cette réunion.

J’espère que la tradition s’installera au fil des sessions annuelles de l’Assemblée générale. Il en va de la visibilité de la francophonie dans le champ de la diplomatie multilatérale et au sein du Système des Nations unies.

Cette visibilité est apparente dans l’action développée par l’OIF dans le domaine de la paix, la démocratie et les droits de l’Homme (que ce soit il y a quelques années en Mauritanie ou en Guinée, en Côte d’Ivoire, et actuellement à Madagascar, au Mali et en République centrafricaine).

Cette voix francophone doit être maintenue et entendue avec toujours autant de vigueur que celle imprimée par Abdou Diouf.

En cela, le groupe des ambassadeurs francophones et les représentations permanentes de l’OIF constituent un excellent relais auprès des organisations internationales pour assurer la présence francophone dans les débats. Cette présence étant en elle porteuse de valeurs humanistes.

C’est à ces valeurs fondamentales de la francophonie, que le thème choisi nous renvoie.

La paix, la protection et la solidarité...

Ces valeurs renvoient d’abord à la situation des femmes dans l’espace francophone.

Car il y a une paix durable quand les femmes sont impliquées dans les processus de sortie de crise (comme le prévoit la résolution 1325) ; La lutte contre l’impunité, la poursuite des auteurs de violences sexuelles durant les conflits contribue à la stabilisation.

C’est la réalité constatée sur le terrain, tout au long de ces dernières années.

Dès ma prise de fonction, lors de mon déplacement en République démocratique du Congo (RDC), j’ai été confrontée aux drames subis par les femmes de l’Est de ce pays. Des centaines de milliers de femmes et fillettes violées par les forces et groupes armés mus en escadrons de violeurs. Le viol est devenu une arme de guerre. Et, c’est bien dans l’espace francophone que se déroule cette tragédie. J’en ai tiré un constat :

Le statut des femmes est un baromètre implacable de la situation des États.

Si celui-ci n’est pas respecté cela est symptomatique de la situation politique et sociale des pays concernés.

Que ce soit dans les conflits ou dans les révolutions, les femmes sont en perte de droits. Leurs droits ne sont jamais acquis même si la francophonie porte les valeurs d’émancipation. Nous devons rester vigilants quant à leur respect.

J’ai donc décidé, avec le soutien du chef de l’État et l’appui du gouvernement, de mettre au coeur de mon ministère la lutte pour le droit des femmes dans l’espace francophone.

Et, dans cet espace de 800 millions de locuteurs prévus à l’horizon de 2050, dont 80 % vivant en Afrique et près de 52 % de femmes, l’Afrique (dont le taux de croissance moyen est après l’Asie le plus important au monde avec 6 % annuels) et les femmes africaines représentent les champs de développement de la francophonie :

Les femmes sont les leviers de la croissance économique de l’espace francophone.

C’est dans ce sens que j’inscris mon action dans la perspective du prochain forum des femmes francophones, prévu pour le 20 mars 2014, et dont la thématique sera : femmes actrices du développement - femmes actrices de la francophonie économique.

Lire le discours complet de Mme la Ministre déléguée chargée de la francophonie : http://basedoc.diplomatie.gouv.fr/v...

Dernière modification : 26/09/2013

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