Discours de Monsieur Jean-Michel BERRIT, A l’occasion de la journée internationale de la Francophonie - 20 mars 2008

Mesdames et Messieurs les Ministres,
Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs,
Mesdames et Messieurs les Représentants des Organisations Internationales
Mesdames et Messieurs, Chers amis,

Aujourd’hui nous célébrons à travers le monde la Francophonie.

La Francophonie est la seule institution internationale qui se définit par une langue. C’est près de 200 millions de francophones, 65 pays (dont 13 pays observateurs) et 711 millions d’habitants répartis sur l’ensemble des continents.

La Francophonie, consciente du lien que crée entre ses membres le partage de la langue française et des valeurs universelles et souhaitant les utiliser au service de la paix, de la coopération, de la solidarité et du développement durable, a pour objectifs d’aider :

- à l’instauration et au développement de la démocratie,
- à la prévention, à la gestion et au règlement des conflits,
- au soutien à l’état de droit et aux Droits de l’Homme,
- à l’intensification du dialogue des cultures et des civilisations,
- au rapprochement des peuples par leur connaissance mutuelle,
- au renforcement de leur solidarité par des actions de coopération.

Je m’attacherai aujourd’hui à vous parler plus particulièrement de la diversité culturelle, qui a fait l’objet d’une convention signée à l’UNESCO le 21 octobre 2005, appelée la Convention internationale sur la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles, que la Guinée a ratifié en 2007.

Pour garantir le renforcement de la diversité culturelle, il est nécessaire qu’une aide soit apportée aux Etats et aux gouvernements pour qu’ils se dotent de politiques culturelles et qu’ils améliorent l’efficacité de leurs choix et de leurs actions dans ce domaine. Il s’agit non seulement de faire face aux tendances uniformisatrices induites par la mondialisation mais aussi de concourir au développement économique, tant il est avéré que la promotion des industries culturelles consolide les stratégies globales de développement.

Dans le cadre de l’appui aux politiques en faveur des créateurs et des acteurs culturels, l’Organisation Internationale de la Francophonie a par exemple contribué en 2006 à la création au Congo de la 1ère édition du Festival des langues d’Afrique.
L’Agence Universitaire de la Francophonie a créé un programme « la langue française, diversité culturelle et linguistique » avec un réseau de chercheurs, avec par exemple comme thème de recherche « cultures, identités et dynamiques sociales ».

En Guinée l’Agence Universitaire de la Francophonie finance le Centre d’Accès à l’Information : C.A.I.
L’OIF a financé des actions de formation dans tous les domaines. A l’heure actuelle environ 300 entrepreneurs des filières édition, images et musique ont été formés.
L’OIF finance la production et la diffusion des produits et contenus culturels.
L’OIF mène des actions de terrain, elle appuie en effet les filières de l’audio-visuel avec un fonds de soutien à la production, à la diffusion et à l’exploitation audio-visuelle.
Elle aide à la diffusion et à la circulation du livre francophone, elle soutient la lecture publique, et donc l’accès aux livres et aux journaux et à l’information, dont on sait qu’ils représentent un enjeu majeur pour les pays en développement. Le succès des « Clac (centres de lecture et d’animation culturelle) » témoigne de l’attente et des besoins de lecture des populations, surtout dans les zones les plus reculées. Le réseau des CLAC contribue à une meilleure intégration de la lecture publique dans les politiques culturelles, et le soutien et la diffusion du livre francophone débouchent sur l’émergence d’une filière livre de mieux en mieux structurée.
L’OIF soutient des prix littéraires :
- prix des cinq continents,
- prix de la francophonie,
- prix du jeune écrivain francophone etc…

La diversité de la création culturelle est l’un des piliers de la Francophonie. C’est un bien commun qu’il s’agit de valoriser à l’heure d’une mondialisation souvent synonyme d’uniformisation. Les Ministres de la culture ont chargé la Francophonie dès 1990 de promouvoir les arts de la scène, la circulation des œuvres et des artistes, la production audio-visuelle et les entreprise culturelles des pays du sud.
« La diversité culturelle, comme le dit Dominique WOLTON, est l’enjeu politique majeur de la mondialisation. Si chacun veut bien participer à un monde ouvert, c’est à condition de conserver ses racines. Pas de mondialisation sans respect des identités, au premier rang desquelles les aires linguistiques qui traversent les continents, les pays riches et les pays pauvres du Nord au Sud, et de l’Est à l’Ouest ».
« La Francophonie est une formidable fenêtre ouverte sur le monde, elle est le moyen de parler de tout. La France avec la Francophonie est de plain pied dans la mondialisation et la diversité culturelle.
Elle lui apporte une richesse humaine exceptionnelle. La Francophonie un vestige du passé ? non, elle est la jeunesse et l’avenir. La solidarité et l’avenir. La possibilité de conjuguer autrement culture, économie, démocratie et société ».
Cette année, pour cette célébration de la Francophonie, on prévoit plus d’un millier d’évènements à travers le monde, initiés avec beaucoup d’imagination par toutes sortes d’organismes publics et privés sous l’égide de l’OIF.
A Nouakchott, des élèves de 10 à 12 ans donneront un spectacle intitulé « la Francophonie une solution à la violence ». A Addis-Abeba, les enfants découvriront la cuisine francophone, mais aussi des chants et des contes. Une large place est faite aux nouveaux modes d’expression, comme à Dakar, qui met le Slam à l’honneur, ou à l’Université Senghor d’Alexandrie, qui lance un concours du meilleur blog.
A Conakry, 30 rappeurs et slameurs ont travaillé la technique et le texte sous la houlette de formateurs venus de France pendant une semaine et ont donné un concert mardi au Centre Culturel Franco-Guinéen.
Les médias francophones et internationaux vont relayer largement la manifestation avec des émission spéciales, des spectacles comme sur TV5 Monde qui diffusera des pièces de Molière et de Ionesco jouées par des étudiants africains.

Cette fête fraternelle est l’occasion de réaffirmer certaines valeurs et convictions auxquelles le monde francophone est particulièrement attaché : le respect, la tolérance et l’ouverture.

Dernière modification : 09/07/2008

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