COP21 : 10 milliards de dollars en faveur de l’Union africaine pour les énergies renouvelables

Mobilisation de 10 pays (France, Allemagne, Canada, Italie, Japon, États-Unis d’Amérique, Royaume-Uni, Union européenne, Suède, Pays-Bas) pour fournir 10 milliards de dollars de financements publics d’ici 2020 – prêts et dons – à l’Union africaine sur les énergies renouvelables (AREI) afin de fournir 10 GW supplémentaires d’énergies renouvelables d’ici 2020 (10 millions de KW) et 300 GW d’ici 2030.

Focus sur l’énergie du Plan d’action Lima-Paris
Session « L’Afrique en mouvement » (énergies renouvelables)
Signature de la déclaration d’intention de soutien à l’initiative de l’Union africaine
Le Bourget – Lundi 7 décembre 2015
Intervention de M. Laurent Fabius,
Président de la COP 21

Mesdames et Messieurs les Ministres, chers collègues,
Chers amis,

Lors du Sommet de l’Union Africaine à Johannesburg en juin dernier, l’Afrique a demandé au monde de l’aider à augmenter de 10GW d’ici 2020 ses capacités en énergies renouvelables. Depuis, la France a soutenu, notamment dans le cadre du G7, l’élaboration par l’Union africaine de l’initiative sur les énergies renouvelables, lancée lors de cette COP 21 mardi dernier.

Cette initiative me tient particulièrement à cœur. Elle répond au déficit dramatique d’accès à l’énergie que subissent les populations, les entreprises, les écoles, les hôpitaux d’Afrique. Aujourd’hui, plus de la moitié des habitants du continent n’ont pas accès à l’électricité. Demain, ce besoin d’énergie sera d’autant plus fort que la population africaine devrait doubler d’ici 2050 et atteindre 2,4 milliards d’habitants. Il faut donc garantir à cette population l’accès à l’énergie car, comme le dit notre ami Lionel Zinsou, Premier ministre du Bénin : « Le droit à la lumière et à la connectivité est un nouveau droit humain ».

Nous devons donc apporter une réponse concrète et rapide à cet immense défi. Cette réponse, c’est le choix d’un saut technologique, celui du déploiement des énergies renouvelables sur le continent africain. L’Afriquea été pionnière dans le paiement par téléphonie mobile : de même, elle peut devenir le vaisseau amiral du déploiement des énergies renouvelables.

Les conditions naturelles sont réunies : l’Afrique dispose d’un des plus grands potentiels au monde en énergies renouvelables, comme en témoignent des projets ambitieux déjà lancés. Je pense au programme solaire de l’Egypte, évoqué par notre collègue et ami Khaled Fahmy, ou au parc éolien du lac Turkana au Kenya, surnommé le « corridor vert », qui va permettre de produire l’équivalent de 20 % de l’électricité du pays. Je pense aussi aux barrages hydrauliques d’Ethiopie qui assurent 90 % de la production électrique du pays – et à d’autres exemples concrets.

L’initiative de l’Union africaine sur les énergies renouvelables, qui a pour objectif de fournir 10 GW supplémentaires d’énergies renouvelables d’ici 2020 (10 millions de KW) et 300 GW d’ici 2030. Elle doit permettre d’accélérer la dynamique en cours. L’Afrique attend de votre Conférence non seulement un accord intergouvernemental – et nous connaissons ses priorités dans les négociations en cours – mais aussi des solutions concrètes pour répondre à ses défis immédiats. A cet égard, l’Afrique, sous l’impulsion de Khaled Fahmy, a identifié les énergies renouvelables comme une priorité.

Le Président de la République française a annoncé mardi dernier que la France s’engageait pour sa part à mobiliser 2 milliards d’euros entre 2016 et 2020 pour les énergies renouvelables en Afrique. D’autres pays ont procédé à des annonces importantes en ce sens, et je veux remercier et féliciter les collègues qui m’entourent d’avoir répondu à l’appel de l’Afrique. Cette mobilisation atteindra 10 milliards de dollars de financements publics d’ici 2020 – prêts et dons –, soit le coût nécessaire pour fournir ces 10 GW. L’objectif est atteint, c’est un très grand succès.

La réponse aux besoins de l’Afrique doit être collective. Collective parce qu’elle doit reposer sur une mobilisation coordonnée des pays africains, comme c’est le cas avec cette initiative, et bientôt, avec une liste de projets prioritaires que nous examinerons avec le plus grand intérêt. Réponse collective aussi car l’Afrique doit agir et agit avec l’ensemble de ses partenaires. La France s’est engagée depuis l’origine dans l’élaboration de cette initiative, avec tous les acteurs impliqués : la Banque africaine de développement bien sûr, mais aussi le Programme des Nations Unies pour l’Environnement, l’Agence internationale de l’énergie renouvelable (IRENA, International Renewable Energy Agency), la Banque mondiale, et d’autres intervenants.

La déclaration de soutien à l’initiative sur les énergies renouvelables en Afrique, signée aujourd’hui, illustre cette mobilisation collective. L’Afrique exprime ainsi sa volonté de développer l’accès aux énergies renouvelables et de s’engager vers un développement sobre en carbone. Les partenaires de l’Afrique s’engagent concrètement pour la soutenir dans cette voie. La mise en oeuvre de cette initiative débutera dès la fin de la COP 21, avec l’aide de la Banque africaine et sous la direction politique de l’AMCEN (African Ministerial Conference on Environment). L’étroite relation entre nos amis Khaled Fahmy, Président de l’AMCEN, et Akinwumi Adesina, Président de la Banque africaine de développement, constituera un atout précieux.

Mesdames et Messieurs, chers amis,

Au-delà des négociations sur l’indispensable accord intergouvernemental, la dynamique de la Conférence de Paris a permis à des projets ambitieux de voir le jour, au service du développement durable et de la préservation de notre planète. L’initiative sur les énergies renouvelables en Afrique est un des exemples les plus marquants. Au tour maintenant de cette initiative de donner une impulsion forte aux négociations, afin que nous parvenions vendredi à l’accord climatique historique que le monde attend. Merci.

Téléchargez l’intervention du Président de la COP21

Dernière modification : 10/12/2015

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